Feb 4th 2013 01:34 pm Target Earth par Kristof G.

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Enfin, un vrai de vrai album de nos plus célèbres prog-métalleux, après les albums posthumes qui suivirent le décès d’un des plus singuliers guitaristes que le métal ait connu, Denis « Piggy » D’Amour (1959-2005). Car, bien que Katorz (2006) et Infini (2009) rockaient tout de même assez bien, reste que ces albums ont été assemblés à partir de maquettes dépoussiérées de riffs de Piggy. Target Earth est donc le tout premier album studio du groupe avec Daniel «Chewy» Mongrain, qu’on peut aussi entendre sur l’album en concert Warriors of Ice (2011). Depuis déjà 5 ans, le leader de Martyr (présentement en pause) rend formidablement hommage à Piggy – l’une de ses principales influences ̶ en tant que guitariste de Voïvod.

On retrouve également et avec plaisir la grosse basse aussi fuzzée que vrombissante du bassiste original Jean-Yves «Blacky» Thériault (son premier depuis Angel Rat, paru en 1991). Depuis maintenant un petit moment, le présent alignement a atteint un niveau de cohésion réellement impressionnant, rappelant la formation d’antan, tant au niveau de l’énergie que des mélodies. Évidemment, on expérimente encore ici et là - voir l’inclusion de chants de gorge sur «Kluskap O’kom» et d’étranges bruits de foule sur «Resistance». Et la chanson titre, qui ouvre le disque, rappelle même par moment ce que font nos chéris de chez Mastodon, harmonies vocales mystérieuses à l’appui. Sérieux.

De son côté, Mongrain a su rester fidèle au patrimoine et au son souvent dissonant et si particulier de son modèle, tout en apportant heureusement sa touche personnelle. Ce gars-là sait dangereusement ce qu’il fait avec une six-cordes. Peu de gens auraient pu remplir le vide intersidéral laissé par le disparu guitariste. La recrue a surpassé les attentes et continue de livrer la marchandise au centuple. Comme son prédécesseur, Mongrain est un métallurgiste d’exception, puisant à même les plus grands du progressif : la pièce «Artefact» sonne comme du King Crimson futuriste.

Bref, on a droit ici à un album de (parfois prog) métal qui rock en sale. Oui messieurs-dames. Ce 13e album prouve qu’après 3 décennies d’épreuves (dont quelques tragédies), ce n’est clairement pas fini; la bande à Denis « Snake » Bélanger et Michel « Away » Langevin comme du bon vin, mûrit.

4.1 O.V.N.I.s gris métalliques sur 5

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